La différence entre la mauvaise et la bonne immersion ?>

La différence entre la mauvaise et la bonne immersion

Bon, ben c’est simple. Il y a la bonne immersion et il y a la mauvaise immersion.

Dans la mauvaise immersion, on s’entoure de la langue et … ben … on apprend quoi. Dans la bonne immersion par contre, on s’entoure de la langue et là on apprend. Mais c’est pas pareil.

L’immersion c’est un sujet courant dans l’apprentissage des langues. Sûrement parce que c’est un peu vu comme la formule miracle ou en tout cas « le mieux » pour apprendre efficacement.

On nous fait croire qu’aller vivre dans le pays va nous apprendre la langue, que regarder la télé dans la langue va nous faire progresser rapidement.

En fait, il y a deux ans j’étais persuadé qu’on pouvait apprendre une langue seulement en regardant des séries ou en allant dans le pays. Après tout j’avais fait un bond de progrès en espagnol en allant 2 semaines en espagne quand j’étais adolescent et j’avais plus ou moins appris l’anglais en regardant des séries.

Apprendre le russe m’a remis à ma place. J’ai eu beau passer des heures à regarder des séries en russe, allait plusieurs fois dans le pays ce n’est pas ça qui m’a appris la langue.

Dans cet article je vais parler du fait d’aller dans le pays et pourquoi ça ne suffit pas pour apprendre la langue efficacement

Ça veut dire quoi « aller au pays » ?

Comme souvent le problème ici est une question de définition : qu’est ce que ça veut vraiment dire « aller dans le pays » ou « vivre dans le pays »

Quand on emménage dans un pays étranger ça n’est pas toujours facile. On ne se mélange pas toujours facilement à une population chaleureuse et accueillante. Même lorsqu’on est ouvert d’esprit on n’a pas toujours l’énergie de se socialiser tout le temps.

Faites le test rien qu’en France : déménagez et décidez de vous faire des amis
– en dehors du travail
– en dehors des gens que vous connaissez déjà dans la ville

Parce que souvent, se retrouver dans une « bulle d’expatrié » c’est souvent ça : on vit et on travaille entouré de personnes qui viennent du même pays que nous ou qui sont des expatriés eux aussi. Soit parce qu’on est étudiant, soit parce qu’on travaille dans une entreprise. Et ces gens là deviennent naturellement nos amis. On ne rencontre finalement pas énormément de locaux qui ne parlent ni français ni anglais et avec qui on a l’occasion de créer des liens.

Dans cet article je parle bien de la situation dans laquelle on est débutant ou pré-intermédiaire dans la langue. Si on parle déjà la langue du pays les choses seront plus faciles à vivre.

Bref il faut beaucoup d’énergie pour sortir de la « expat bubble » Parfois le mieux c’est de purement et simplement éviter tout autre personne expatriée lorsqu’on déménage dans un pays. Personnellement je n’ai pas le courage de vivre comme ça. J’ai besoin de passer du temps avec des gens dont je partage le quotidien, les mêmes difficultés, les mêmes étonnements et les mêmes aspirations.

L’immersion va se faire simplement par l’interaction directe et répétée dans la langue. Qu’est ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu’entendre la langue toute la journée ne va pas vous faire progresser énormément.
Parler la langue chaque jour au delà des phrases de tourisme va vous faire progresser dans la langue.

Hier j’étais dans la rue avec mon coloc et une amie à lui et voici ce qui se passait : autour de nous tout le monde parlait hongrois à des centaines de kilomètres à la ronde. J’ai dû passivement entendre un milliers de mots en hongrois en marchant dans la rue.
Mais nous, on « parlait » chinois (je débute !). En tout cas il me parlaient et me faisaient parler chinois. Quand mon coloc et sa pote parlaient ensemble en chinois j’essayais de comprendre ce que je pouvais pour m’insérer dans la conversation.

Dans cette situation j’ai été en immersion totale dans la langue chinoise, alors que j’étais entouré à 90% par la Hongrie.

Ce qui compte c’est le tout petit cercle autour de vous. Peu importe si vous êtes au milieu de la rue dans un pays étranger ou enfermé dans votre chambre à Paris. Ce qui fait la différence entre une immersion qui marche et une qui ne marche pas c’est votre interaction active avec la langue sur une base régulière.

Entendre n’est pas écouter. Les immersions sont plus efficaces dans les pays où la langue est similaire au français. Si vous écoutez de l’italien il y a plus de chances que vous comprenez et donc apprenez des mots juste en écoutant.

Si je fais la même chose avec du Thaï les chances sont plus basses et le temps ne va pas faire énormément de différence : je vais juste entendre des sons sans rien comprendre. Bien sûr le contexte aide au fur et à mesure à isoler et identifier des mots, mais rien de magique ne va se passer.

Finalement être entouré par la langue augmente les possibilités d’interagir avec elle, mais il ne faut pas attendre que « ça se passe »

Vivre dans une salle de sport ne va pas vous rendre musclé, dormir dans une bibliothèque ne va pas vous rendre plus cultivé.

Avec internet on a accès en quelques clics à des millions de personnes qui parlent des langues étrangères, des milliers de films, de la musique, des cours, des articles dans la langue que l’on apprend. On peut créer une immersion efficace sans déménager dans un autre pays.

La vérité c’est que beaucoup de personnes apprennent plus vite en dehors du pays qu’en vivant dans le pays. J’ai vécu ça en apprenant le russe, l’allemand et le hongrois. J’ai beaucoup d’étudiants qui apprennent le français me disant avoir appris nettement plus avant et après être allé dans le pays.

Pourquoi ça ? Simplement parce qu’on attend trop de l’immersion passive. Et si rencontrer des natifs avec qui on s’entend bien, avec qui on se sent prêt à parler la langue n’est pas aussi simple qu’on le pense.

Voici mon seul conseil pour l’immersion : Soyez proactifs. Forcez vous à parler ou créez une situation dans laquelle le contact avec la langue sera plus facile.

Mais n’attendez pas de vous imbiber magiquement de la langue !

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